Après avoir siroter une dernière gorgée de son coca, il poussa un soupir plein de rage et claqua la porte derrière lui. Il rentra dans sa chambre innondée par la lumière de la lune. Il ouvrit grand sa fenêtre, respirant l'air frais du soir. Le bruit d'une balançoire qui grinçait lui parveint à l'oreille. Il se issa à travers l'ouverture et sauta sur l'herbe humide et glissante. Il avança à petit pas se rapprochant de la balançoire grinssante. Il vit une silhouette fluette assise sur l'engin grinssant, tête baissé. Elle se retourna.
"Bonsoir" lui lança-t-elle.
- Bonsoir. Il s'assit près d'elle. Elle avait l'air bizarre, comme iréelle. Elle ne ressemblait pour le moins à rien. Il improvisa : "Que fait une demoiselle seule assise sur une balçoire grinssante, à cette heure-ci ?"
Elle attendit quelques secondes, le regardant droit dans les yeux. Ses yeux luisaient à la clarté de la lune.
"Et vous ?"
Surpris, il ajouta:
- Tutois-moi. Et pour te répondre, tu es dans le parc à proximité de mon hôtel. Je suis en tournée.
- En tournée de quoi ?
Il ouvrit des yeux grands comme ça d'un air interrogateur. " Attends, mais tu sais qui je suis ?"
Elle lui tourna la tête comme pour regarder le coin le plus sombre du ciel de son air mystérieux qu'il n'arrivait pas à cerner.
- Non, désolée.
-"Tu lis les journeaux ? Tu écoutes la radio ? Tu sors de chez toi ? T'allume ta télé ? Est-ce que tu sais lire ?"
Parce-qu'il n'est pas possible, il n'est pas possible de vivre en europe au 21 ème siècle et de ne pas savoir qui JE suis.
- Je n'habite pas en europe.
- Bah t'habite où alors, et d'où tu parles allemand ?
Elle ricana. Se leva, vacilla puis tomba et en criant presque lui lança: -"Je suis une étoile, et je parle toutes les langues de la Terre.
- Pff. Bah voyons. T'es as d'autre comme ça ? Répondit-il complètement abasourdit.
Elle le regarda de nouveau avec ce viseage austère et inquiétant. Elle lui sourit de ses lèvres pulpeuse très rouges. " Ce que tu peux être naïf. Tu es comme les autres, borné. Franchement, entre nous, en quoi ça me servirai de te raconter ça si c'était pas vrai imbécile.
Il resta un moment en silence le temps d'une réflexion.
"Et qu'est-ce que tu fais là ? T'es sure que tu fais pas partie de cette bande de putain de groupies qui hurle nuit et jour et erre devant MON hôtel, sans relache ?"
Elle croisa les jambes, retombant dans son air se tout, air de rien, le regars vide et s'emplissant presque de larmes; "Je suis là parce-que j'étais l'étoile du Petit Prince de Saint Exupéry, mais il est parti. Comme ça, un jour il est parti. Je ne sais plus à quoi il ressemble où s'il y en avait vraiment un. Je sais que je suis seule."
Il cru un insant qu'elle le regardait enfin. Lui il la regardait. Il la regardait, mais il ne savait ce qui l'attirait vraiment à la regarder. Elle, elle regardait au loin, parfois le ciel, parfois les graviers. Mais elle ne jetait pas de regard sur lui. " C'est pas possible que tu sois une étoile. Regarde toi. Des yeux sont injectés de sang et cernés de bleu. Tes joues sont creuses, tes lèvres sont violettes, tes cheuveus ressemblent à de la paille, tes mains sont maigres."
Elle lui jeta un regard net. Elle baissa la tête comme pour regarder le gravier." C'est dommage, je te trouve beau moi."
" Et les étoiles, ça ne se pique PAS" ajouta-t-il en observant ses avant-bras.
" Les étoiles ont le droit elles-aussi d'être malheureuse."
"C'est vrai ... Comment tu t'appelles ?" Espérant qu'elle lui donne une réponse un peu moins vague cette-fois ci.
Je sais plus. J'ai oublier au fil tu temps, il n'y avait personne pour m'appelé, je n'ai pas besoin de prénom.
Il resta muet un moment. Il regarda son profil. Son viseage arborait un petit nez pointu, des traits fin, un peau blanche comme les neiges. Un viseage que l'on pouvait peu distinguer à cause de la mèche que le vent faisait bouger sur ses yeus et son font.
" Mais moi, je veux t'appeler moi."
" Et bien, donne-moi un nom alors."
Il imita un geste de réflexion et dit: "Claire, Je t'ai rencontré au clair de lune, alors je t'appèlerais Claire."
Elle ne répondit pas. Se contentant juste d'aquiécer d'un signe de tête.
Il hésita un insant. - Comment as-tu fais pour venir sur Terre ?
- Bah comment tu fais pour aller sur la lune ?
- Bah j'y vais pas. dit-il interloqué.
- Ah !